Starting Strong : réduire les inégalités dans l’accueil et l’éducation de la petite enfance
- Alliance Enfance
- 29 janv.
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Le nouveau rapport «Starting Strong» de l’OCDE explore les moyens de réduire les inégalités grâce à des investissements dans l’accueil et l’éducation de la petite enfance et présente une feuille de route pour y parvenir. Les auteur∙es appellent les pays de l’OCDE à en faire plus pour améliorer la qualité, à combiner offres universelles et ciblées et à mettre en œuvre des approches transsectorielles.

Le rapport constate que les enfants le plus défavorisés sont rarement les bénéficiaires des offres d’accueil et d’éducation de la petite enfance. Il y a plusieurs raisons à cela, comme le manque d’informations sur les offres, les coûts trop élevés pour les parents ou les obstacles culturels. Les enfants défavorisés fréquentent aussi plus souvent des offres de moindre qualité. Dans l’ensemble, l’OCDE déplore le manque d’efforts pour améliorer la qualité et plaide pour un engagement plus soutenu dans ce domaine.
Le rapport souligne une fois de plus la rentabilité des investissements dans la petite enfance, qui préviennent des inégalités ultérieures nécessitant des interventions bien plus onéreuses. De nombreux pays ont certes développé leur offre d’éducation précoce ces vingt dernières années, mais beaucoup d’enfants n’en profitent pas, d’où un écart important dans le niveau de formation selon le statut socioéconomique.
L’OCDE présente une «feuille de route» à l’intention des responsables politiques pour réduire les inégalités et œuvrer à davantage d’inclusion. Deux mesures apparaissent décisives:
Pour les enfants les plus défavorisés, les États devront combiner approches universelles et ciblées: ces dernières incluent des mesures particulières pour les enfants confrontés à la pauvreté, à des obstacles linguistiques ou à d’autres difficultés (cf. notre actualité sur les résultats d’une étude suisse à ce sujet, 09.01.2024). Cela nécessite des cursus fondés sur des données factuelles («plans d’apprentissage»), mais aussi du personnel hautement qualifié.
Les pays devront en outre aborder la petite enfance dans une perspective transsectorielle (cross-sectoral). Les offres fragmentées sont difficilement accessibles pour les familles. L’OCDE recommande donc une approche intégrée de l’accueil, de la santé et des prestations sociales destinées à la petite enfance. Les parents seront considérés comme des partenaires et associés à ces programmes qui doivent soutenir leurs compétences éducatives.
Infographie: comment garantir l’égalité des chances dans la petite enfance (OCDE, 2025)
Rappelons les efforts entrepris en Suisse par Alliance Enfance et de nombreux partenaires pour renforcer les réseaux centrés sur la famille. La feuille de route de l’OCDE donne encore plus de poids aux recommandations de la commission suisse pour l’UNESCO en vue d’une politique de la petite enfance, publiées en 2019 déjà, qui plaident pour l’intégration de toutes les politiques concernant les enfants et la famille.
Informations complémentaires
OCDE (2025), Reducing Inequalities by Investing in Early Childhood Education and Care, Starting Strong, OECD Publishing, Paris, https://doi.org/10.1787/b78f8b25-en [en anglais]
Page consacrée au rapport sur le site de l’OCDE avec infographies, etc. [en anglais]
Petite enfance, grands défis VII: accompagner les enfants vers l’autonomie à l’ère numérique (actualité du 18.12.2023)
Commission suisse pour l’UNESCO (2019): Instaurer une politique de la petite enfance. Un investissement pour l’avenir
COFF (2021): Policy Brief: La crèche, une institution exclusive?
L’union fait la force, dès le début: garantir l’égalité des chances sur la ligne de départ pour tous les enfants (actualité du 23.04.2024)